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Loi fraudes : les documents fiscaux devront être conservés 10 ans

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Loi fraudes : les documents fiscaux devront être conservés 10 ans

Une obligation de conservation aujourd’hui fixée à 6 ans

Aujourd’hui, les entreprises doivent conserver leurs documents fiscaux pendant un délai général de 6 ans. Cette obligation concerne notamment les livres comptables, registres, factures, pièces justificatives, documents relatifs à la TVA, éléments de contrôle interne ou encore données permettant à l’administration fiscale de vérifier les déclarations et la comptabilité de l’entreprise [1].
Ce délai court, selon les cas, à partir de la dernière opération mentionnée dans les livres ou registres, ou à partir de la date à laquelle les documents ou pièces ont été établis.

Cette obligation de conservation est loin d’être une simple formalité administrative. En cas de contrôle fiscal, l’entreprise doit pouvoir justifier ses déclarations, expliquer ses écritures comptables, produire ses factures et démontrer la cohérence de ses opérations. Lorsque les documents sont incomplets, introuvables ou mal archivés, le risque est double : une difficulté à répondre efficacement à l’administration, et une fragilisation de la position fiscale de l’entreprise.

Un délai porté à 10 ans pour renforcer les contrôles

La loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales modifie cette règle. Son article 36 porte de 6 à 10 ans le délai de conservation de certains documents fiscaux [2]. Sont notamment visés les livres, registres, documents ou pièces sur lesquels peuvent s’exercer les droits de communication, d’enquête et de contrôle de l’administration fiscale. La mesure s’applique aux documents et pièces dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027 [3].

Concrètement, les entreprises devront revoir leurs pratiques d’archivage. Les factures papier ou électroniques, les pièces justificatives liées à la TVA, les documents comptables, les éléments permettant d’établir une piste d’audit fiable et, plus largement, les documents utiles au contrôle fiscal devront rester accessibles plus longtemps. Pour les entreprises déjà engagées dans la dématérialisation, l’enjeu ne sera pas seulement de stocker davantage de fichiers, mais de garantir leur lisibilité, leur intégrité et leur accessibilité dans le temps.

Un enjeu d’organisation pour les entreprises

Ce rallongement répond à un objectif clair : donner à l’administration fiscale davantage de moyens pour détecter et documenter les fraudes. Certaines situations complexes, notamment lorsqu’elles impliquent plusieurs exercices, des flux numériques, des opérations internationales ou des montages difficiles à retracer, nécessitent un accès à des documents plus anciens. En allongeant la durée de conservation, la loi cherche donc à renforcer l’efficacité des contrôles.

Pour les entreprises, cette évolution impose toutefois une vigilance accrue. Les procédures internes devront être mises à jour : durée d’archivage, classement des documents, accès aux fichiers, sauvegardes, formats électroniques, contrats avec les prestataires de stockage ou logiciels de gestion. Il sera également utile de sensibiliser les équipes comptables et administratives afin d’éviter toute suppression automatique trop précoce.

En conclusion, le passage de 6 à 10 ans marque un durcissement des obligations documentaires fiscales. Cette réforme devrait faciliter les contrôles, sécuriser les investigations et renforcer la lutte contre la fraude. Pour les entreprises, elle doit être anticipée comme un sujet d’organisation : bien conserver ses documents, c’est aussi mieux se protéger en cas de contrôle.